Quand le projet d’un bébé prend forme, la plupart des couples ne tardent pas à voir leur rêve se réaliser. Cependant, pour certains couples, concevoir un bébé s’avère parfois difficile. Cela est souvent simplement dû à une méconnaissance du fonctionnement du corps humain et des notions élémentaires concernant la fertilité et la conception.
Voilà donc un rappel rapide des notions biologiques de base ainsi que quelques conseils utiles afin de mettre toutes les chances de votre côté.
Contrairement à ce que l’on pense, la fertilité est un phénomène biologique complexe. Pour qu’un couple arrive à concevoir, le système reproducteur de chaque partenaire doit fonctionner correctement. Essayons donc de nous rafraîchir un peu la mémoire en rappelant certaines notions de base.
A sa naissance, une femme a déjà dans son corps tous les œufs qu’elle produira dans sa vie; en effet, elle naît avec plus d’un million d’œufs dans ses ovaires. Au moment de la puberté, seuls 300 000 sont encore disponibles. De ce nombre, environ 300 seulement deviendront des œufs matures qui seront expulsés des ovaires au cours des années reproductrices et seulement quelques-uns seront fécondés.
Tous les œufs de la femme sont conservés dans ses ovaires. Les hormones dont elle a besoin pour les menstruations et pour devenir enceinte sont produites par son hypothalamus, par son hypophyse et par ses ovaires.
Le cycle menstruel mensuel de la femme est à la base de sa capacité de concevoir. Le cycle commence le premier jour des menstruations de la femme et dure, de façon générale, 28 jours. Le premier jour n’est pas celui du saignement, mais celui où le saignement est régulier.
L’ovulation divise alors le cycle en deux phases :
Pendant les 13 premiers jours du cycle menstruel chez une femme typique, une hormone appelée gonadotrophine A ou folliculostimuline (FSH) est libérée et elle stimule le développement d’un sac rempli de liquide appelé follicule dans l’un des ovaires. Ce follicule produit ensuite un œuf mature unique. Pendant ce temps, le follicule sécrète de l’œstrogène qui prépare le mucus cervical (à l’entrée de l’utérus) à recevoir les spermatozoïdes. L’endomètre (muqueuse de l’utérus) commence également à épaissir pendant cette phase.
Une montée rapide de la concentration d’hormone gonadotrophine B ou lutéinisante (LH) facilite l’étape finale de la maturation de l’œuf et, environ au 14e jour, déclenche l’ovulation. L’œuf est alors expulsé de l’un des ovaires et il descend le long d’une trompe de Fallope. Lorsqu’un couple a une relation sexuelle, le sperme de l’homme tente de nager à travers le mucus cervical et de se rendre jusqu’aux tubes de Fallope, où il lui est possible de fertiliser l’œuf. Les meilleurs jours pour la conception précèdent et suivent immédiatement l’ovulation; ce sont en général les jours 11 à 17.
Après l’ovulation, il y a une augmentation de la concentration des hormones progestérone et œstrogène qui maintiennent l’endomètre dans un état lui permettant de recevoir l’œuf fertilisé. Si l’œuf est fertilisé, l’embryon descend le long de la trompe de Fallope et s’implante dans l’endomètre, au 20e jour du cycle environ. Il se développera alors en un fœtus. Si l’œuf n’est pas fertilisé, il continue tout de même sa descente dans l’utérus, mais l’utérus ne reçoit pas le message hormonal lui indiquant que la fertilisation s’est produite. Sans ce message hormonal, l’utérus met fin à ses préparatifs pour la grossesse, il se dépouille de sa muqueuse endométriale, de même que des réserves de sang et de nutriments qu’il avait accumulées. Ce phénomène familier est connu sous un certain nombre de noms différents : règles, menstruations, pertes menstruelles, saignements menstruels etc…
La phase lutéale dure typiquement 14 jours. Il importe de comprendre que certaines femmes ne possèdent pas des cycles typiques de 28 jours. Les jours précis de leurs phases folliculaire et lutéale sont donc différents.
Durant ce phénomène compliqué qu’est le cycle menstruel féminin, chaque étape est contrôlée par des hormones qui doivent en général être produites en quantités exactes et au bon moment pour qu’une femme puisse concevoir un enfant. Les hormones-clés qui affectent ce cycle sont la folliculostimuline (FSH), l’hormone lutéinisante (LH), la progestérone et l’œstrogène. N’importe quelle dérèglement est susceptible de nuire à la capacité de concevoir d’un couple. Cependant, hormis les hormones, plusieurs autres facteurs aussi importants peuvent nuire à la capacité de concevoir, comme l’âge et certains choix relatifs au mode de vie (voir rubrique).
Chez les hommes, la partie essentielle de la fertilité porte sur la création de spermatozoïdes matures et normaux. Tout commence dans les testicules de l’homme et se poursuit dans l’épididyme dans lequel les spermatozoïdes sont conservés et nourris. Ceux-ci voyagent ensuite dans le canal déférent et sont entreposés dans les vésicules séminales.
Lorsque l’homme éjacule, ces spermatozoïdes se mêlent à un liquide pour créer du sperme. Si les spermatozoïdes sont sains et capables de pénétrer dans l’utérus en passant à travers le col de l’utérus pour se rendre jusqu’à l’intérieur des trompes de Fallope, il devient possible pour l’un d’eux de fertiliser l’œuf.
Les hommes, contrairement aux femmes, ne portent pas tous leurs spermatozoïdes à leur naissance, ils en produisent au cours de leur vie et continuent à en produire, peu importe leur âge. L’avancement en âge, toutefois, est susceptible de nuire à la fertilité masculine.
Le système reproducteur de l’homme dépend lui aussi des hormones qui stimulent et régulent la production de spermatozoïdes. Il est étonnant d’apprendre que plusieurs des hormones qui contrôlent le cycle reproducteur chez la femme contrôlent également le système reproducteur de l’homme :
La testostérone joue un rôle-clé, dans la santé et le bien-être des hommes et des femmes, mais aussi dans leur sexualité. Par exemple, la testostérone peut augmenter la libido (désir sexuel), augmenter le degré d’énergie et protéger contre l’ostéoporose.
La création des spermatozoïdes est un processus complexe. Pour arriver à une production de spermatozoïdes sains, il faut que le corps produise des hormones au bon moment et en quantités appropriées. Tout dérangement dans ce processus est susceptible d’entraver la conception. De plus, l’avancement en âge et certains choix relatifs au mode de vie peuvent également affecter la production de spermatozoïdes. Par exemple, on a déjà démontré que le tabagisme et la consommation excessive d’alcool nuisent à la fertilité de certains hommes.
Le partenaire masculin peut donc, autant que sa partenaire, être la source de l’infertilité du couple. La cause est attribuable à des facteurs masculins dans environ un tiers des cas, à des facteurs féminins dans un autre tiers, et pour le reste, l’infertilité est provoquée par une combinaison de facteurs chez les deux partenaires ou reste parfois inexpliquée.